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Le Mercato de l'Emploi et son réseau national de consultants en recrutement transforment de manière significative l'approche du recrutement en France et les médias en parle !
Publiée le 01/01/1970

JULIEN BADR, ENTREPRENEUR CHARENTAIS DE L’’ANNÉE À 32 ANS

Le Cognaçais a été désigné hier soir entrepreneur charentais de l’année. Depuis sept ans, il collectionne les reprises et les créations d’entreprise. Un parcours de bâtisseur époustouflant.

À cause de lui, cette troisième soirée des Étoiles de l’économie, hier soir, aurait pu tourner court. Création d’entreprise, start-up, reprise, innovation-diversification… Julien Badr, qui était d’ailleurs candidat partout, aurait pu rafler tous les prix ou presque. À la place, il est reparti avec le plus prestigieux, celui d’entrepreneur de l’année. À seulement 32 ans. Chapeau.

Avec des parents enseignants, rien ne prédestinait ce Nordiste (il a grandi à Bergues, la ville de « Bienvenue chez les C’htis ») qui n’aimait pas vraiment l’école à devenir chef d’entreprise. Sauf une hyperactivité précoce, dont il continue à tirer profit. Toute son énergie débordante et sa tchatche, il les concentre sur ses projets professionnels: « Je suis sûr que si on calcule le temps passé par l’ensemble des Français à jouer aux jeux vidéo, c’est plus que le temps à travailler ».

Julien Badr n’a toujours pas de bureau à lui, mais il ne joue pas dans le virtuel. Il rachète et développe des entreprises: trois en sept ans. Il crée des sociétés: déjà deux à son actif. Toutes ou presque dans le domaine de la sous-traitance du cognac et des autres alcools de la Spirits Valley charentaise.

À 25 ans, le jeune homme s’est fait la main avec Les Prestations du Fief, 30 salariés et 1 million de chiffre d’affaires à l’époque. À 32 ans, il dirige désormais Starpak, un groupe de 180 salariés pour 12 millions de chiffre d’affaires.

On va essayer de la faire courte, un véritable défi avec ce passionnant raconteur d’histoires. Julien Badr aurait dû être trader à la City de Londres, comme la majorité de ses camarades en masters de finances à l’ESCEM Tours-Poitiers.

Mais il avait déjà commencé à réfléchir à sa première start-up quand il s’est retrouvé, presque sans le vouloir, chargé d’affaires au CIC en Charente: « C’est un poste qu’on ne donne jamais à un jeune qui sort d’école. Je l’avais demandé parce que c’était une manière de refuser un poste dans la banque où j’avais fait ma formation par alternance ». Pas de chance, sa demande est acceptée. Pas de chance, ses collègues l’accueillent « comme je ne pensais jamais être accueilli quelque part ».

Autre signe de la belle étoile à laquelle il pense avoir confié son destin, son premier client est Damien Naulleaud, qui vient de reprendre l’entreprise familiale de packaging. « On noue des liens d’amitié. Un jour, il m’invite à déjeuner pour me dire qu’il va prendre un associé. Je lui explique qu’il n’en a pas besoin. Ce n’est qu’à la fin du repas qu’il me dit que ce sera moi! ».

À 25 ans, Julien Badr se retrouve du jour au lendemain directeur d’une boîte qui compte tous les majors du cognac parmi ses clients. Il n’oubliera jamais la tête médusée des salariés.

Trois ans plus tard, le marché du cognac explose en Chine, il sent qu’il y a des besoins dans l’embouteillage. Toujours avec Damien Naulleaud, il crée sa société, aujourd’hui leader. « Mais on a eu très peur, en 2015, avec une crise sur le marché ». Julien Badr explique aux rhumeries, à l’autre bout du monde, pourquoi elles ont intérêt à venir embouteiller chez lui en Europe. Bingo! Aujourd’hui, le cognac ne pèse plus que 20 % dans ses comptes. Cognac embouteillage fait du rhum, de la vodka, du gin…

En 2015, c’est presque par hasard qu’il reprend CEPS, un des seuls fournisseurs de capsules sur le marché, installé à Gensac. « J’avais envoyé un salarié en chercher, on était en panne. Il est revenu en m’expliquant que la boîte était au bord de dépôt de bilan ». Julien Badr la rachète, CEPS redevient bénéficiaire au bout d’un an, a commencé à embaucher et attend la livraison d’un nouveau bâtiment de 2.500m2.

En avril dernier, Julien Badr et Damien Naulleaud rachètent aux Cognacs Lhéraud Pegee, une entreprise d’Angeac-Charente qui fabrique des coffrets en bois pour les spiritueux, la coutellerie, l’horlogerie ou la cosmétique pour compléter leur gamme en packaging. Pegee accusait des pertes importantes: « Mais c’est une des trois dernières de ce type en France. Notre objectif est d’en faire le leader dans les trois ans », annonce Julien Badr. Trois salariés de plus ont déjà été embauchés.

Le recrutement, c’est un autre des filons décelé par le jeune entrepreneur. Avec deux associées, il a lancé l’année dernière le site internet « Le Mercato de l’emploi » (lire CL d’hier), avec l’ambition d’en faire la première plateforme pour les TPE-PME au niveau national.

L’homme est encore loin d’être rassasié: « Il n’y a pas de limite, il n’y a pas de ligne d’arrivée ». Son moteur n’est pas l’argent: « On ne devient pas chef d’entreprise pour devenir riche. Pour ça, le plus simple est d’acheter des maisons et de les louer ». Lui a besoin de sensations fortes: « L’entreprise, c’est un véritable ascenseur émotionnel. On passe par des moments terribles ». Il aime aussi embarquer des hommes et des femmes: « Si tu veux construire un bateau, donne aux hommes l’envie de la mer », dit-il en citant Saint-Exupéry.

Julien Badr imagine, crée, structure, puis délègue. Ce qui lui laisse encore beaucoup de temps pour aller chercher son bébé à la crèche, se marier, il y a un mois, et aider les autres entrepreneurs. Il est administrateur du réseau Entreprendre, qui accompagne les jeunes repreneurs, et président de son comité d’engagement.

Il est président du réseau des Dirigeants commerciaux de France de Cognac et vice-président de Charente Export. Parce qu’il lui reste encore un peu d’énergie, il est aussi partenaire des clubs sportifs cognaçais ou du festival Blues Passions. L’an dernier, il a été tout près de se lancer dans la politique. L’Assemblée Nationale y aurait peut-être gagné. L’économie charentaise aurait beaucoup perdu.

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